hier j'ai lu Chroniques de l'asphalte de Samuel Benchetrit
oui je sais je me laisse avoir je vois le mec à tlm en parle son charme opère et moi j'achete le bouquin
moins de 200 pages en gros caractères le tout pour la modique somme de 18 euros
expédié en 2 heures
voilà ça s'ingurgite c'est pas mal je vais pas cracher dessus
mais quant à dire que "l'auteur est à la littérature ce que les Sex Pistols ont été au rock", il y a un FOSSE !!!
logique commerciale marketing publicitaire tout ce que vous voulez.. le mec à peine les 30 ans passés se met à raconter sa vie 4 autres volumes sont prévus
pourquoi est-ce que je ne suis absolument pas convaincue alors que toutes les critiques en disent du bien?
c'est l'histoire de Samuel son enfance dans la cité des anecdotes ses potes sa famille
concept intéressant (mouais) : le bouquin ne se divise pas en chapitres mais est organisé selon les lieux de la tour où se déroulent les scènes (3° étage face, ascenseur, hall, caves, etc..) les chapitres font tout au plus une dizaine de pages - superficialité, on ne cerne pas du tout les personnages étage par étage .. et on n'a pas non plus une vision globale de la tour, sorte de mosaïque. L'idée est très mal exploitée finalement. L'impression que j'ai personnellement .. c'est que l'auteur a écrit son bouquin, puis s'est dit "tiens faudrait que je trouve un truc un peu plus accrocheur que les chapitres" peut-être s'est-il inspiré de Bret qui dans Glamorama lançait un compte à rebours? Toujours est-il que le procédé n'a pas lieu d'être - la structure et le fond ne sont pas en osmose ; le procédé vient plutôt se greffer sur un contenu déjà écrit.
seconde remarque, sur le fond cette fois : en voulant détruire les clichés sur la banlieue Samuel Benchetrit en consacre un autre : c'est le cliché de l'artiste bobo qui a grandi en banlieue et qui dit que personne ne connaît la banlieue à part lui
L'histoire est absolument banale - rien à signaler. De même pour le style. Une fin tout à fait surnaturelle avec cette histoire d'astronaute américain qui attérit sur le toit de la tour, recueilli par Mme Hamida du douzième étage, à qui la NASA offrira un voyage avec ses gosses pour la remercier .. cette scène renferme-t-elle des métaphores que je n'aurai pas su interpréter? ah oui bien sûr l'utilité de la scène est la suivante : description de l'astronaute à un agent de la NASA qui tente de le localiser. Très bien. La description n'est pas complètement inintéressante - l'auteur cependant était-il obligé de passer par de tels détours?
"C'est une banlieue, une immense banlieue, certainement plusieurs villes... Il y a des centaines d'immeubles, tous gris, ils semblent être les mêmes... Certains immeubles sont tout en hauteur, d'autres ressemblents à des barres posées à l'horizontale... Parfois, entre ces blocs, on trouve quelques pavillons, ils sont identiques les uns aux autres et n'ont pas l'air finis. On a l'impression qu'ils ont peur des tours qui se dressent autour d'eux... Il n'y a pas beaucoup de monde dehors, en tout cas, personne ne se promène sans but précis... Les gens rentrent chez eux, reviennent ou vont faire des courses... Des groupes de jeunes sont parfois réunis devant les entrées d'immeuble, ou alors accroupis autour d'une moto pour faire de la mécanique... Il y a souvent des hommes accoudés aux fenêtres des immeubles, ils sont seuls et fument des cigarettes. Je ne sais pas si ces hommes pensent ou regardent simplement devant eux... Le ciel est étrange, nous sommes pourtant en fin d'après-midi et sa couleur est proche du rose ici, le ciel ne dégage pas une lumière naturelle, c'est autre chose, comme un éclat chimique... En fait, le ciel est électrique comme le sont les néons accrochés partout dans le paysage... Des milliers de néons... Certains sont publicitaires, suspendus sur les toits des immeubles, sur les plus proches, on peut lire : CONTINENT... CONFORAMA... LEROY MERLIN... TOYOTA... Plus bas, on trouve des néons accrochés au-dessus des entrées de magasins ou d'usines, je peux lire : BOUCHERIE BERNARD... COIFFEUR... DUMAY ELECTRICITE... PRESSE-TABAC DES QUATRE TOURS... FERRAILLERIE GOMEZ... Les néons sont bleus, verts, parfois jaunes mais rouges le plus souvent... Il y a aussi des néons qui ne servent à rien d'autre qu'à éclairer... Eclairer les abribus, les galeries marchandes, les halls d'immeuble, les trottoirs ou les routes..."
Un chapitre m'a ému, c'est le 6° étage, écrit à la deuxième personne. Ce n'est pas vraiment novateur, d'autres l'ont fait avant, sûrement mieux, mais ça donne tjs ce côté intime. c'est touchant. Accélération du rythme, nostalgie, si tout le livre avait été écrit sur ce ton, sûr que ça m'aurait plus
Je viens de relire les quelques lignes que j'ai écrites à propos de la banalité de l'histoire comme du style. Et maintenant, je me demande si l'auteur n'a pas volontairement empreint son récit de banalité, c'est la banalité des banlieues même, d'un quotidien parfois drôle, parfois triste, souvent monotone et ennuyeux.
Mon point de vue est finalement mitigé je crois que j'aurai besoin de discuter du bouquin avec des personnes qui l'auraient lu également. (J'ai d'habitude toujours une pléthore de références qui me viennent en tête, je tente de me réfréner.. là RIEN!) je partais sur une position plutôt tranchée et me voici au terme de ce compte-rendu assez perplexe (ce que vous lisez c'est donc la pensée de Mari en action évolution the process of thinking )